Albert le lycéen rebelle

La journée type d'Albert

....Un sombre lundi, la journée la plus détestée d'Albert, le lycéen rebelle.

07h40, Albert se lève et effectue son premier geste de la journée : il se gratte les fesses comme tout bon lycéen rebelle qui se respecte.

07h41, Car oui, Albert est un rebelle, un vrai, et pour preuve : au lieu de passer par toutes les étapes de la préparation du gentil lycéen*, Albert enfile son pantalon troué au niveau du genou gauche (dans lequel il coince son pied tous les matins) et son tee-shirt pas lavé depuis une semaine.

07h45, C'est donc sans se laver, sans se brosser les dents, sans se coiffer, sans prendre ses cours (il n'en a pas), sans manger, sans faire un bise à sa môman adorée, enfin sans passer par toutes les étapes du gentil lycéen, qu'Albert part de chez lui, en claquant la porte, bien sûr !

07h45 (et 33 secondes), C'est donc en ponctuant ce geste habituel par un "de toute façon vous me comprenez pas" à ses parents, que notre rebelle part pour "un lavage de cerveau orchestré par le gouvernement", définition pour Albert du lycée...

08h06, Albert arrive une minute après la deuxième sonnerie, car c'est un lycéen rebelle. Il traîne son sac et es vieilles Vans dépouillées jusqu'à la table en bougonnant quelque chose comme "le gouvernement nous manipule mec", sa phrase favorite, après "de toute façon, vous me comprenenz pas".

08h23, Albert est tiré de sa lecture favorite, "foufoune mag", par une phrase assassine de son prof de maths qui le marquera à jamais : "Je suis ton père !". Oh mon dieu !!!

08h24, C'en est trop pour ce jeune rebelle. Albert se lève, ouvre la porte et lance à cet affeux personnage "de toute façon vous me comprenez pas!" et il claque la porte...

08h24 (et 25 secondes), La journée d'Albert est déjà terminée, il retourne se coucher, car bien sûr, un lycéen rebelle adore dormir !

Stardust Ziggy


*note : Le manuel du gentil lycéen de Colette Culserré au édition "Fais pas ci, fais pas ça"


>>> Si toi aussi tu es un lycéen rebelle ou un rebelle tout court, poste-nous ton temoignage !


Ceci est un message subliminale, tu va faire ce qui est écrit : IMITE UNE POULE EN CHALEUR !
Albert le lycéen rebelle

# Posté le lundi 06 août 2007 13:08

Modifié le samedi 22 septembre 2007 06:23

Charles Baudelaire : Les fleurs du mal où comment extraire la beauté du mal.

Charles Baudelaire : Les fleurs du mal où comment extraire la beauté du mal.
Voici un nouveau message subliminale : récite le poème de Baudelaire, ci-dessous, en caquetant !
....Bon ba voici Charles Baudelaire (bobo pour les intimes... ^^), un poète français du 19è qui « kiffait » particulièrement tout ce qui tourne autour de la mort ...(faut préciser qu'il n'a pas eu une vie spécialement cool).
....Son ½uvre majeur, Les fleurs du mal, est un recueil de poèmes. A sa sortie (1857) le livre est un scandale et sera poursuivi pour « offense à la morale religieuse » et « outrage à la morale publique et aux bonnes m½urs».En effet Baudelaire n'y va pas de main morte et choque, à l'époque, par les thèmes de ses poèmes.
....Le recueil est structuré en 6 sections : spleen et idéal, Tableaux parisiens, Le Vin, Fleurs du mal, Révolte et La Mort. Le désespoir est omni présent dans son ½uvre et les 6 sections du recueil se présentent comme différentes echappatoires à ce spleen. Mais au fil des poèmes la foule de Paris, le vin, le sexe n'y font rien et le désespoir est d'autant plus grand. Cet itinéraire se poursuit alors par une révolte de le part de l'auteur qui, s'avérant un échec, se termine par la mort, seule solution à ce désespoir...
....Pour conclure voici un poème de bobo extrait de la section « spleen et idéal. »Bien prendre le temps de lire pour les courageux(ses).


HARMONIE DU SOIR

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un c½ur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un c½ur qu'on afflige,
Un c½ur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un c½ur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !



Petit conseil de lecture : « spleen » et « une charogne » poème incontournable qui en vaut le détour...

PS : Pour la petite légende on raconte qu'un vague de suicide a suivit la parution de l'½uvre...gasp !!

Le Spectre Soyeux

# Posté le lundi 06 août 2007 15:35

Modifié le samedi 22 septembre 2007 06:23

SOCQUETTE : ELLE PERD PIED (Libération du mercredi 22 août 2007)

SOCQUETTE : ELLE PERD PIED (Libération du mercredi 22 août 2007)
Socquette : ELLE PERD PIED

Cet article, de Véronique Soulé, est tiré du cahier d'été de Libération du mercredi 22 août 2007.


Cet accessoire vestimentaire féminin coquet et parfois mutin a connu son heure de gloire dans les années 50, à mesure que les jupes s'écourtaient. Aujourd'hui, les seules en vogue se déclinent en mini ou en "T Tong".


Elle eut son heure de gloire dans les années 50, puis connut des hauts et des bas. Aujourd'hui, elle est dans un creux. Les spécialistes de la mode ne peuvent expliquer pourquoi : ils ne s'intéressent, la plupart du temps, qu'aux bas, voire aux collants, plus rarement aux chaussettes. La socquette, elle, est le parent pauvre.
Les dictionnaires en donnent une définition abrupte : "la socquette est une chausette qui s'arrête au-dessus de la cheville". Rien n'est dit des multiples formes qu'elle peut prendre - à revers, simple ou double, avec ou sans dentelle, ajourée, blanche immaculée ou rose, à côtes plates, pailletée -, de sa fantaisie naturelle et de son côté coquet et volontiers mutin. En fait, la socquette souffre de sa proximité avec la triste chaussette, qui coupe le mollet en son milieu, accessoire masculin à la base, trop prosaïque pour avoir du charme. En tant que produit dérivé, la socquette est d'ailleurs classée dans la bonneterie. Alors qu'elle mériterait un bien meilleur sort. Mais la lingerie est sans doute trop bien pour elle. Les chercheurs y étudient des sujets autrement plus nobles et plus significatifs sur un plan sociologique. Les bas, par exemple, avec leurs déclinaisons infinies - mouchetés, veloutés, chatoyants, avec porte-chartelles, tenant seuls sur la jambes, etc. - en disent plus long sur l'époque, les tendances de la mode et l'image de la femme. Toute petite, discrète au point de passer souvent inaperçue, appréciée à sa juste valeur par les connaisseurs, la socquette ne peut évidemment pas se mesurer aux bas à résilles noirs et autres prétendus fleurons de la féminité.
L'histoire de la socquette est donc mal connue. Etymologiquement, le mot vient de l'anglais sock, chaussette. Il a aussi des racines dans le latin soccus, qui a donné la socque, sorte de sabot porté par les religieux au Moyen Age, qui a lui-même évolué en chaussette. Sans oublier le diminutif ette, typiquement français.
Pourquoi date-t-on sa création à 1930? Cette année-là, nous indique le très sérieux CNRTL (Centre national de ressources textuelles et lexicales), une certaine Janine Berthel, auteure oubliée des Impressions marocaines, emploie le terme pour la première fois: à la page 38, elle décrit "les porteuses d'oranges, à Marseilles, aux mouchoirs éclatants et aux socquettes violettes".

Mollets féminins. Dès 1905, Willy, le mari de Colette, écrivain mondain qui ne manquait pas d'humour, nous suggère que la socquette, dont le terme n'existe pas encore, a compté bien des ancêtres: bottines en tissu sur une jambe nue ou encore chausettes glissantes découvrant le mollet. L'auteur de la série des Claudine (à l'école, à Paris, en ménage et s'en va) signe alors un livre - Chaussettes pour dames. Défense et illustration du mollet féminint (référence à Tailleurs pour dames de Feydeau, ndlr) - avec Curnonsky, célèbre gastronome et humoriste; l'écriture en duo est à l'époque très en vogue. "L'origine de la chaussette, comme celle du pied, se perd dans la nuit des temps, ce qui du reste est un caractère commun à toutes les origines", commencent les deux auteurs. Ils se contentent toutefois de remonter à l'Antiquité "qui se rinça l'oeil avec la blancheur des mollets féminins soulignée par la couleur vive des cothurnes ou les attaches de sandales". Pour eux, le cothurne qui enveloppe le pied et le bas de la jambe jusqu'à la naissance du mollet est la première forme de la chaussette". En fait, mieux vaudrait parler ici de socquette, dans la mesure où seule la cheville est couverte.
Toujours d'après nos auteurs, la chaussette moderne a vu le jour au XVIe siècle : le premier, Brantôme (1540-1614), "cet exemplaire et irréprochable amateur de mollets" - en fait un abbé et seigneur qui guerroya avant de devenir un écrivain grivois - a évoqué cette mode dans son ouvrage les Dames galantes. La chaussette moderne, précisent Willy et Curnonsky, apparaît sous la forme de petite bottine d'étoffe, de soie ou de satin, dans ces bals, ces cortèges, ces défilés où les plus grandes et honnêtes dames de France, d'Esâgne et d'Italie trouvaient l'occasion de s'accoutrer à la nymphale, c'est-à-dire en mollets sous des jupes très courtes".

Fétiche. Parler de la socquette sans évoquer son aspect fétichiste serait simplement mal-honnête. Des générations d'écolières en jupes plissées et queues de cheval en ont porté, souvent des socquettes blanches roulées autour de la cheville. Les jeunes filles de bonnes familles en sont encore affublées dans les rares écoles catholiques où l'on garde l'uniforme. Espiègle et enfantine, la socquette est ainsi devenue objet de fantasmes érotiques -, porteuse d'interdits infranchissables.
Vladimir Nabokov, l'auteur de Lolita, a évidemment parlé de la socquette. Visitant la maison de Charlotte Haze, la mère de Lolita, le héros Humbert Humbert, raconte: "Nous passâmes à un petit office et pénétrâmes dans la salle à manger, disposée parallèlement au salon que j'avais déjà admiré. Je remarquai sur le parquet une socquette blanche. Avec un murmure de désapprobation, Mrs Haze se baissa au passage pour la ramasser et la mettre dans un placard contigu à l'office." Quelques secondes plus tard, dans le jardin, il aperçoit son "amour de la Riviera qui l'observait par-dessus ses lunettes noires. [...] C'était la même enfant, raconte-t-il, toujours envoûté par l'adolescente de treize ans, les mêmes épaules graciles aux reflets de miel, le même dos souple et soyeux et nu, la même chevelure châtaine."

Ballerine. Dans les années 50, la socquette connaît son heure de gloire. Les mères, qui devaient porter de grosses chaussettes durant la guerre, sont tout à leur joie de retrouver des bas tellement plus seyants. Leurs filles, elles, s'essaient au pantalon cigarette avec ballerines et socquettes. Telle Jean Seberg, la petite vendeuse de journaux dans A bout de souffle (1959) de Jean-Luc Godard. Quatre ans plus tard, dans le Mépris, Brigitte Bardot, en robe cintrée à la taille ou en maillot, préférera, elle, laisser ses jambes nues.
Aujourd'hui la socquette s'est de nouveau faite toute petite. Pour certaines, elle est franchement ringarde, pour d'autres purement utilitaire, indispensable pour jouer au tennis notamment. Dans les grands magasins parisiens, les rayons ont rapetissé au fil des ans. Là où on trouvait, il y a peu, des socquettes léopard satinées, on offre des paquets de trois paires, unies, mais de couleurs différentes, ou avec un motif généralement animalier: un chien, un chat, etc. Seules quelques marques, les plus chères, osent encore le revers, le volant, la touche originale.
C'est que le secteur a du plomb dans l'aile. Comme toute l'industrie textile française, face à la concurrence chinoise, la production de chaussettes et socquettes s'est délocalisée, notamment en Roumanie et en Turquie. Seules sont restées de rares marques occupant une niche particulière, la socquette pour l'élite aux matières naturelles.
La mode est aussi passée par là. La mini socquette que l'on met à l'intérieur de la basket fait un malheur. On a l'air d'avoir les jambes nues, mais c'est faux. La socquette pour tongs - la T Tong - aussi se porte bien: elle évite le frottement des doigts de pied avec la tige. Mais on est bien loin du modèle original qui épouse la cheville et souligne la finesse des attaches. Enfin, il faut mentionner l'incontournable legging, caleçon long sans pied porté sous une jupe. La cheville étant ici la seule partie visible, on opte généralement pour la laisser nue ou pour des minisocquettes transparentes sans aucune poésie.
Parlant de la chaussette au sens générique, Willy et Curnonsky ont résumé, à leur façon, le charme tout bête mais inimitable de la socquette: "ce que l'amateur aime, c'est la jambe et il ne conçoit pas l'une sans l'autre. La chaussette [ou socquette, dirait-on aujourd'hui] ne l'intéresse qu'à l'endroit où le mollet commence. Et je vous fiche mon billet que si le mollet est empâté, lourd et massif ou sec et décharné, l'amateur se conduira comme l'océan dans la Bible : il n'ira pas plus loin".


Un article de Véronique Soulé


# Posté le jeudi 06 septembre 2007 12:49

Modifié le jeudi 06 septembre 2007 16:40